La Naissance
Comédie musicale sur la Nativité
d’après l’Évangile de Luc
Noël.
La crèche : Marie, Joseph et l’enfant Jésus, entre l’âne et le bœuf.
Les bergers guidés par l’étoile.
Le méchant Hérode et les gentils les rois mages…
Une histoire tellement simple et tellement rabâchée qu’on croie en connaître chaque détail.
Et qu’on lui préfère souvent les vitrines multicolores regorgeant de grasses victuailles et de jouets new look pour petits et grands.
Il fallait une sacrée dose d’audace pour oser adapter la Nativité en comédie musicale, sans trahir l’esprit ni le texte (l’Évangile de Luc), tout en bousculant la tradition avec une contagieuse bonne humeur et quelques libertés fraîchement décalées.
C’est ce pari qu’a réussi Franck Pebeaud en créant La Naissance, un ovni musical et très spirituel, qui se joue actuellement à Paris pour la 5e année consécutive.
Même si elle s’inscrit dans la tradition des crèches-spectacles du Moyen-âge, La Naissance évite délibérément toute reconstitution historique poussiéreuse, toute mise en scène pompeuse, tout prosélytisme ennuyeux et tout folklore populaire à l’iconographie convenue. Ici, pas de conte de Noël entre Merlin l’enchanteur et les frères Grimm, pas de santons ni de sapin couvert de neige artificielle, pas de lumignons kitsch pour merveilleux édulcoré, ni d’étalage guimauve d’émotions simulées.
La Naissance réussi ce tour de force de rester fidèle au sens de la naissance du Christ et d’en revivifier l’histoire, avec un enthousiasme sincère et communicatif, sans obséquiosité ni mièvrerie aucune.
La Parole est ici entièrement revisitée. En surgissent des télescopages complices entre la Judée du 1er siècle et des considérations beaucoup plus contemporaines, des anachronismes tour à tour burlesques ou troublants, révélant une actualité inattendue à cette histoire inouïe et très humaine qui continue de bouleverser l’Histoire des hommes.
Kathryn Baxter, une compositrice canadienne, signe une musique qui jamais n’occulte le ressort dramatique de l’histoire. Les chansons oscillent entre pop-rock, cabaret, variété et gospel, agrémentée d’arrangements soignés et de rythmiques orientales ou africaines. Les manifestations du divin, les apparitions de l’ange annonciateur du Messie, sont discrètement soulignées par des éléments sonores et des effets discrets, jamais gratuits, qui révèlent la profondeur de l’instant et le trouble généré par l’irruption de l’exceptionnel au cœur de vies simples.
La troupe rassemble des comédiens amateurs et professionnels de tous âges. Les rôles sont distribués avec une volonté de bousculer certitudes et perspectives. La Naissance s’ouvre ainsi par l’Annonciation, un employé des Postes en guise d’ange Gabriel. De jeunes adolescentes en treillis campent les soldats d’Hérode. Un petit Gavroche des banlieues coiffé d’un bandana incarne un jeune voleur promis à un destin célèbre : Barrabas. De jeunes bergères chantent leur rêve de célébrité à Rome dans un pastiche R&B de la Star’ Ac.
Les rôles « sérieux » sont autant respectés que dépoussiérés. Lucie Possème en Marie et Édouard Gradel en Joseph forme un couple à la fois confondant de vérité, poignant et drôle. Elyane Quilici prête son dynamisme et sa fraîcheur à une Elisabeth, cousine de Marie, étonnement rajeunie par une maternité qu’elle n’attendait plus. Les rois mages semblent tout droits sortis d’une pièce de Feydeau ou d’un péplum déjanté. Et le metteur en scène Franck Pebeaud campe tour à tour le bien et le mal, sous les traits d’une apparition angélique montée sur échasses et d’un roi Hérode cruel, paranoïaque et dérisoire.
Les chorégraphies, subtiles et expressives, sont signées Véronique Bonosse, une jeune chorégraphe aux influences éclectiques et aux talents affirmés.
Si les marchés de Noël vous paraissent has been et la messe de minuit sans surprise, si Petit Papa Noël vous donne des crampes à force de sourire niaisement, si l’hystérie mercantile et la dinde aux marrons vous dépriment et si vous n’avez pas le courage ou les moyens de fuir sur une île du Pacifique, ou si tout cela vous indiffère superbement, courez voir La Naissance et laissez-vous surprendre !
Un spectacle délicieux, qui réjouira les plus jeunes et les moins jeunes, sans jamais donner aux parents le sentiment d’une sortie de circonstance pour régaler leur progéniture. Qu’on soit juif, chrétien ou musulman, croyant ou athée, nul ne pourra rester insensible, tant l’histoire qui se vit sous nos yeux nous semble familière, universelle et pleinement humaine.
Toute naissance est un mystère. Et qui que l’on soit, cette Naissance-là, c’est aussi un peu la nôtre…
Les samedis et dimanches du 24 novembre au 23 décembre
et le lundi 24 décembre à 16h15
Théâtre du Gymnase - 38, bd Bonne Nouvelle, Paris 10e
Enfants : 9€. Adultes : 14 à 28€. Tarifs groupes.
Infos, extraits : www.lanaisance.org
Réservations : 06 63 58 49 11
Ce film aussi attendu autant que mal promu m'a fait chialer comme un môme de la première à la dernière image, submergé par l’émotion qui le traverse.
Je confirme : Ce n'est pas un "bon film"...
C'est un CHEF D'ŒUVRE !
Merci aux critiques avisés et très parisianistes !
Verdict du lynchage : mauvaise pub, promo insuffisante, distribution étique et buzz urgentissime.
En 2003 Cannes attribuait l’Or au très polémique et très politique "Fahrenheit 911" : un navet cinématographique mais un documentaire puissant, taxé d'antiaméricanisme par le neocons va-t-en guerre et opportunément lâché par les distributeurs yankee. Une œuvre au service d’une valeur : la Vérité.
D’Une Seule Voix aurait largement plus mérité pareil hommage...
Résolument apolitique mais dramatiquement actuel, sans aucune démagogie ni prétention à incarner la paix, à défendre des propos "pacifistes" ou "Peace & Love" ; un film bouleversant de vérité et d'humanité !
Son propos : substituer l’art à la politique, la musique, l'émotion, l'amitié et l'espoir au vacarme des bombes…
Bons sentiments, idéalisme, un côté utopie larmoyante et « Woodstock du pauvre » relooké à la sauce moyen-orientale (l’organisateur de la tournée, ancien rockeur qui vécu à Woodstock, était l’un des protagonistes du Festival…) : les bons critiques parisiens auront eu vite fait d’assassiner cet élan d'espoir sans précédent.
Loin des canons hollywoodiens, du tintouin des politiciens et des discours politiquement incorrects de tout pathos gratuit ou de tout calcul commercial, D’Une Seule Voix est un cri.
Un cri du cœur, un hymne indispensable autant qu'impensable à la tolérance, à l’amitié et à une paix réelle, incroyable mais possible.
Un pont jeté par-dessus les querelles, les pesanteurs des stratégies politiciennes, les rhétoriques nationalistes, la loi du Talion et l'arithmétique du canon.
Une expérience unique et transformatrice pour ces artistes des deux bords, autant qu’un témoignage flamboyant pour le public.
Et une illustration éloquente que l’art en général et la musique en particulier peuvent réunir des hommes, des femmes et des enfants séparés par la guerre, abolir clivages et préjugés, et délivrer un formidable message d’espoir face à la haine revancharde, aux mots de la politique et aux maux terribles d’une tragédie absurde.
L’un des plus beaux films qu’il m’ait été donné de voir !
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D'UNE SEULE VOIX
Un film de Xavier de Lausanne, 2009
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